Le fardier de Cugnot
Plan du fardier de Cugnot (exposé au Musée des arts et métiers) © Musée des arts et métiers-Cnam, Paris / photo Michèle Favareille

En 1769, Joseph Cugnot (1725-1804), ingénieur militaire français, construisit un engin à trois roues destiné à déplacer des canons. À cette époque, la machine à vapeur était une technologie de pointe et Cugnot l'exploita pour mouvoir son invention.

Le premier prototype fut réalisé dans des dimensions réduites, "aux frais du Roi" Louis XV par les services de l'artillerie. Sa propulsion est assurée par un moteur à deux pistons alimentés avec de la vapeur d'eau sous pression produite par une chaudière à bois.

Il peut transporter 4 personnes, se déplace à environ 4 km/h, est très instable et n'a que 15 minutes d’autonomie. Malgré ces défauts et son absence de freins, il fonctionne !

Un deuxième fardier grandeur nature, exposé à Paris au Musée des arts et métiers au début du XIXe siècle, fut donc commandé mais ne fut testé qu'une fois, suite à la disgrâce du ministre de la guerre, le Duc de Choiseul.

Capable de se mouvoir seul sans l'utilisation de la force animale, le fardier de Cugnot est considéré comme la première "auto mobile" de l’histoire.

Il est également synonyme de progrès technologique du fait de son système de transmission, grâce auquel le mouvement de va-et-vient des pistons est transformé en rotation continue des roues. Il est même possible d'inverser le sens de rotation des roues, autrement dit, de faire marche arrière !

Fondée en 1927, la Société des Ingénieurs de l’Automobile en fit son emblème.