L'Obéissante

Ce véhicule impressionnant par ses dimensions a été construit en 1873 par Amédée Bollée (1844–1917), un industriel du Mans, dans l'atelier à côté de son usine de fonte de cloches.

De vitesse et de maniabilité satisfaisante, l’Obéissante fonctionnait à la vapeur et elle est considérée comme l'ancêtre de l'automobile actuelle de part sa structure novatrice :

  • un châssis avec suspension indépendante sur les quatre roues ;
  • des roues avant directrices ;
  • une propulsion par deux moteurs à vapeur reliés aux roues arrière indépendantes ;
  • un changement de vitesse par baladeur entre pignons ;
  • des commandes centralisées autour du volant ;
  • une chaudière à l'arrière.
L'Obéissante (exposée au Musée des arts et métiers) © Musée des arts et métiers-Cnam, Paris / photo Michèle Favareille

Pesant quatre tonnes et offrant douze places, elle pouvait atteindre 40 km/h et gravir une côte de 12% à faible vitesse. Amédée Bollée la fit rouler pendant 200 km pour rallier Paris, ce qui lui prit 18 h !

Elle fut la première automobile à obtenir un "permis de circulation", à une époque où les ordonnances ministérielles en vigueur relatives à la circulation routière n’envisageaient pas l’existence de ce genre de véhicules.

Plus tard, en 1897, la réglementation intégra l'obligation de détenir un "certificat de capacité pour la conduite automobile" qui devint en 1901 le permis de conduire. L'obligation de formation à la conduite, avec l'apparition des premières auto-écoles en 1917, fut consacrée par le Code de la route de 1922.